ANGEL GURRIA

UNE ACTION GLOBALE EST NECESSAIRE POUR FAIRE MONTER EN REGIME L’ECONOMIE MONDIALE, SELON L’OCDE EN AMONT DU SOMMET DES DIRIGEANTS DU G20 A BRISBANE.

Une action globale est nécessaire pour faire monter en régime l’économie mondiale, selon l’OCDE en amont du sommet des dirigeants du G20 à Brisbane


L’économie mondiale tourne toujours à bas régime, mais elle devrait accélérer progressivement si les pays mettent en œuvre des mesures propices à la croissance. Les disparités grandissantes entre les pays et régions accentuent les principaux risques qui se dessinent, selon la version préliminaire des dernières Perspectives économiques de l’OCDE relative aux pays du G20.

« Nous ne sommes pas encore parvenus à obtenir une expansion économique mondiale diversifiée et durable, dans la mesure où l’investissement, le crédit et les échanges internationaux restent hésitants », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE M. Angel Gurría lors du lancement de cette version préliminaire des Perspectives, à l’approche du Sommet des dirigeants du G20 qui se déroulera les 15 et 16 novembre à Brisbane.

« Les risques financiers restent élevés et pourraient accentuer la volatilité des marchés dans les temps à venir. La zone euro est confrontée à un risque grandissant de stagnation.

Les pays doivent employer tous les instruments dont ils disposent en matière de politique monétaire, de politique budgétaire et de réformes structurelles pour remédier à ces risques et soutenir la croissance », a déclaré M. Gurría.

La croissance du PIB mondial devrait s’établir à 3,3 % en 2014, avant de se hisser à 3,7 % en 2015 puis à 3,9 % en 2016, selon les Perspectives.

Ce rythme est modeste comparé à celui observé avant la crise, un peu en deçà de la moyenne de longue période et légèrement inférieur à nos prévisions de septembre.

En ce qui concerne les grandes économies avancées, la reprise reste vigoureuse aux États-Unis qui devraient enregistrer une croissance de 2,2 % en 2014 et de l’ordre de 3 % en 2015 et 2016.

Dans la zone euro, la croissance devrait se redresser lentement, pour passer de 0,8 % en 2014 à 1,1 % en 2015, puis 1,7 % en 2016.

Au Japon, l’expansion économique continuera de subir le contrecoup des hausses de la taxe sur la consommation, et son rythme devrait être de 0,9 % en 2014, de 1,1 % en 2015 et de 0,8 % en 2016.

Les grandes économies émergentes devraient également afficher des résultats divergents au cours des années à venir. La Chine est en train de rééquilibrer son économie tout en s’efforçant de piloter son ralentissement pour revenir à des taux de croissance plus viables, et devrait enregistrer une expansion de l’ordre de 7 % au cours de la période 2015‑16, légèrement en deçà des 7,4 % prévus en 2014. En Inde, la croissance se renforcera parallèlement au redressement de l’investissement, passant d’un taux de 5,4 % en 2014 à 6,4 % en 2015, puis 6,6 % en 2016.

Au Brésil, le taux de croissance économique s’est effondré et il ne devrait être que de 0,3 % en 2014, avant de se redresser à 1,5 % en 2015 puis 2 % en 2016.

Mise à mal par la baisse des cours du pétrole et le fléchissement des échanges, l’économie russe enregistrera une croissance de 0,7 % seulement cette année, qui devrait tomber à zéro en 2015 avant de remonter à 2 % en 2016.

Les Perspectives mettent l’accent sur d’importants risques de divergence à la baisse par rapport aux prévisions.

La faiblesse de la demande dans la zone euro, qui laisse entrevoir un risque grandissant de période prolongée de stagnation et de faible inflation, constitue une source de préoccupation majeure.

Le resserrement de la politique monétaire aux États-Unis pourrait déboucher sur une instabilité des marchés de capitaux pour les économies de marché émergentes.

Les niveaux élevés d’endettement dans certains pays avancés et émergents après la crise suscitent également des craintes concernant la stabilité financière.

Par ailleurs, la possibilité que le ralentissement de la croissance de la production potentielle constaté depuis la crise se traduise par une croissance tendancielle encore plus modeste qu’on ne l’anticipe aujourd’hui constitue également un risque de poids.

La version préliminaire des Perspectives économiques de l’OCDE – une version définitive complétée sera publiée le 25 novembre – contient des recommandations destinées à renforcer la croissance et à combattre ces risques.

Cette version des Perspectives reconnaît que les pays en sont à différents stades du cycle économique et, par conséquent, les politiques divergent.

Il faut que les autorités monétaires continuent de soutenir la demande dans toutes les grandes économies avancées.

Aux États-Unis, la poursuite de la croissance et l’apparition de tensions sur les marchés du travail devraient permettre à la Réserve fédérale de commencer à relever ses taux directeurs à partir de la mi-2015.

La Banque du Japon, en revanche, devrait poursuivre sa politique d’assouplissement quantitatif jusqu’à ce que son objectif d’inflation soit durablement atteint.

Dans la zone euro, l’inflation étant nettement en deçà de l’objectif visé et évoluant à la baisse, la Banque centrale européenne (BCE) devrait renforcer sa politique de relance monétaire – en allant même au-delà des mesures déjà annoncées – dans le prolongement des initiatives positives adoptées jusqu’ici.

Compte tenu des progrès sensibles déjà accomplis en termes d’amélioration de la situation budgétaire de nombreuses économies avancées, une nette réduction du rythme de l’assainissement des finances publiques se justifie dans bien des cas, notamment aux États‑Unis et dans la zone euro.

Il faudrait utiliser toutes les marges de manœuvre offertes par les règles budgétaires de l’UE pour éviter des effets négatifs sur la demande et laisser jouer pleinement les stabilisateurs automatiques.

Au Japon, l’assainissement des finances publiques devrait se poursuivre régulièrement.

Des réformes structurelles ambitieuses complétant les mesures macroéconomiques peuvent stimuler la croissance dans les pays avancés comme dans les économies émergentes.

Dans cette optique, les pays du G20 doivent présenter au sommet de Brisbane des stratégies nationales de croissance qui pourraient collectivement accroître de 2 % environ le PIB du Groupe des Vingt d’ici à 2018 par rapport à 2013.

 

« Des réformes de la fiscalité, des échanges, du marché du travail et des marchés de produits seront bénéfiques pour l’investissement intérieur et le commerce mondial, et contribueront à renforcer l’emploi et la consommation dans le monde entier », a déclaré Mme Catherine Mann, Chef économiste de l’OCDE.

« Les retombées potentielles du programme de réformes de structurelles envisagé sont énormes, mais les pays doivent mettre en œuvre les dispositions qui ont été identifiées pour faire monter en régime l’économie mondiale.

Des mesures de relance macroéconomique doivent en faire partie. »

Pour en savoir plus sur les Perspectives économiques de l’OCDE, veuillez consulter la page suivante : www.oecd.org/fr/economie/perspectiveseconomiquesdelocde.htm.

 

 

 

 

 


 

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