un avion haut dans le ciel;

UN AVION HAUT DANS LE CIEL : UNE NOUVELLE SIGNEE PHLDUCX.

UN AVION HAUT DANS LE CIEL : UNE NOUVELLE SIGNEE PHLDUCX .

UN AVION HAUT DANS LE CIEL

Par PHLDUCX

 

Ecrire, écrire, écrire…C’est un peu ce que j’ai fait toute ma vie, ou presque.

 D’abord, des notes à mes « boss ». Ensuite, des « posts » pour mon blog .

Des centaines de notes professionnelles pour expliquer l’ingénierie financière des transactions que je plaidais en comité de crédit du temps ou j’étais banquier…enfin, directeur de banque, devrais – je dire.

Et, désormais, ce sont des milliers de « posts » pour mes lecteurs et lectrices , maintenant que je suis éditeur depuis 6 ans sur la toile.

Près de 40 années de notes probablement lues en diagonale par ma hiérarchie.

Car au – delà des chiffres et des algorithmes, les banquiers, il est vrai,  adorent écrire tant  les mots bien tournés les inspirent autant qu’ils les rassurent.

 J’y ai toujours vu une façon habile, chez eux,  de se dédouaner ou plutôt de se racheter une image loin de la matière qu’ils manipulent au quotidien à savoir l’argent, jugée moins honorable.

Pour autant, je dois à la vérité de dire ici que j’ai croisé dans la banque de bien belles plumes.

Certaines m’ont même complexées, un temps.

Des notes, donc ,  écrites jusqu’à point d’heure et dédiées aux patrons des banques ou j’ai sévie pendant toute une vie professionnelle plutôt chahutée, mais plus récemment aussi des « posts » depuis 6 ans que je publie chaque jour sur la toile  via mon blog ; un exercice  qui  me vaut à ce jour une notoriété embryonnaire  auprès des journalistes professionnels en mal de veille stratégique sur les réseaux sociaux.

 Des « posts »  volontairement  courts qui confinent souvent aux « sms » bien que toujours agréablement illustrés.  Des messages éclairs  voire subliminaux  « likés » sur Facebook ou Linkedin qui les relayent généreusement au point parfois  de franchir le Rubicon de la gloire lorsqu’ils deviennent « viraux ».

Autant dire,  que mis bout à bout, cette « production littéraire » représente  bien plus que mon poids d’hiver, que je ne quitte plus depuis 15 ans au grand dam de mon gouvernement dont il sera bientôt question ici , si vous avez toutefois la patience d’attendre que j’en finisse avec ces circonvolutions.

Et moi, de trouver l’énergie et la force mentale pour publier cette nouvelle car sachez que je n’en suis pas à mon premier coup d’essai en matière d’écriture.

A l’âge de 33 ans, en effet, je me suis essayé à la rédaction d’un roman qui est resté dans les cartons.

Le titre, il est vrai était plutôt  alambiqué : « Le rocher de Jalisco » rebaptisé ensuite « La rose des sables ou l’exequatur de Katarina ».

Et le style, je le confesse, on ne peut plus ésotérique pour ne pas dire filandreux,  même si mon  Conseiller éditorial  le trouvait plutôt  révélateur de époque et somme toute,  bien dans l’air du temps.

 L’histoire que je relatais aurait malgré tout mérité qu’il soit achevé. Et publié par cet éditeur parisien quelque peu intrépide qui m’avait marqué son intérêt à la lumière du synopsis de quelques lignes que je lui avais fait tenir.

Vous l’aurez compris, ce roman n’est jamais sorti en librairie. Il n’a jamais été publié.  Jamais lu en entier par qui que ce soit et même par moi car je ne l’ai pas terminé. Il vieillit encore dans ma cave ou il jaunit chaque année davantage tandis que les annotations portées au crayon s’estompent avec le temps.

La raison tient en quelques mots :

 J’ai eu un jour, en effet,  l’imprudence doublée d’une certaine naïveté d’en faire lire quelques extraits à un grand banquier de la place qui  pensait devoir me cornaquer parce que je luis étais sympathique et que j’avais l’âge de son fils médecin, lui qui ne jurait que par la haute banque.

Le verdict de mon premier lecteur forcément très attentif releva d’une censure quasi révolutionnaire car  le couperet de la guillotine ne tarda pas à me cisailler les phalanges et fracasser mes velléités de romancier.

Le monde de la banque m’aurait selon mon bienveillant « parrain » fermé ses portes à tout jamais.

Et ma carrière à tout le moins ralentie sinon brisée si ce roman avait été publié.

Aujourd’hui, il me plait de  penser que je suis passé à côté d’un grand succès de librairie.

Et peut –être, aussi, d’une carrière de réalisateur,  car le bouquin disposait de tous les  atouts pour se voir adapter avantageusement au cinéma. Une autre passion non assouvie.

Bref, ce fut une erreur de jugement  de ma part car aussi loin que je puisse remonter dans le temps  j’ai toujours su au fond que j’étais indépendant au – delà de la moyenne.

Trop sans doute pour me fondre dans le moule de l’industrie bancaire ou j’ai malgré tout plutôt bien réussi…mais à quel prix !

Pour dire les choses autrement, je n’aurais jamais du soumettre mon bouquin à la lecture de qui que ce soit sans  que l’encre de la dernière ligne  ne soit sèche et mon manuscrit abouti. Et ce,  même si comme je l’envisageais à l’époque, un pseudonyme aurait remplacé ma signature afin de  m’éviter les foudres de mes pairs.

A ma décharge, je venais de perdre mon père au même moment.

Je veux croire que ceci explique cela.

Disons ici pour tenter de sauver la face que les circonstances ont fait que je me suis laissé influencer par un vieux monsieur issu d’un autre temps mais dont les conseils pour autant, étaient bien intentionnés à mon égard.

L’homme est décédé depuis. Que la paix soit avec lui, comme l’on dit.

 Et  que le souvenir des chapitres de mon livre inachevé repose à jamais avec lui.

La rancune, qui plus est,  n’est pas ma tasse de thé. Ceux et celles qui me connaissent ou qui partagent ma vie le savent bien.

Et il est trop tard quoiqu’il en soit  pour reprendre ce roman,  là ou j’en ai abandonné misérablement l’écriture.

 Et bien trop tard aussi,  pour revenir vous l’aurez compris sur les frasques de Katarina, mon héroïne américaine qui faisait tourner toutes les têtes de la finance parisienne  en même temps que la mienne en alimentant tous les fantasmes du jeune banquier international que j’étais.

Au final, que le lecteur soit rassuré, je n’ai pas autant de remords que pourrait le suggérer  la lecture de ces propos introductifs  car si l’intrigue du roman était haletante, je ne l’écrirais plus aujourd’hui de la même manière.

Mon écriture avec les années  a  je l’espère gagnée en concision.

En outre, les crises financières se sont depuis ces dernières années succédées à un rythme tel que les faits relatés dans mes feuillets d’archive  ont perdu de leur saveur même s’ils  se déroulaient entre Paris, Londres, New York et Kuwait  dans un contexte brillant,  souvent assassin, parfois exotique mais toujours policé comme seule la haute banque en connait.

Une chose pourtant est sure aujourd’hui, je regrette  d’avoir perdu de mon écran radar le contrôle de la belle Katarina aux jambes  si parfaites et à la peau couleur porcelaine dont j’étais amoureux transi.

Je vous demande de garder cela pour vous : J’étais bien amoureux de mon  héroïne  « envuittonée »  des pieds à la tête  à qui je faisais sillonner le monde entier toujours en première classe. Et que je faisais descendre dans les hôtels les plus prestigieux de la planète ou elle jonglait jusqu’à l’excès avec le « room service » au rythme de ses caprices de « star ».

 Du coup, je sais que vous me croirez aisément si je vous dis que je la cherche encore 30 ans après les faits dans  les dédales de chaque aéroport ou ma nouvelle vie me conduit.

Vous voilà donc avertis.

J’ai aimé Katarina à la folie. Et je crois que je l’aime encore aujourd’hui,  intensément.

Au point qu’en écrivant cette nouvelle, elle risque de réapparaitre à tout moment dans mon inconscient.

Alors, soyez charitables avec elle, je vous le demande…même si  comme  vous vous en doutez, elle m’en a fait voir de toutes les couleurs de l’arc en ciel.

Un arc en ciel, aux couleurs et à  la géométrie pure et cristalline de ceux que l’on ne peut apercevoir que d’un avion haut dans le ciel.

D’où le titre de cette nouvelle pour ceux  et celles d’entre vous que j’aurais perdu en route.

Alors prenez place à bord de ce vol intercontinental ou le passé et le présent ne font désormais plus qu’un.

Et surtout, n’oubliez pas d’attacher vos ceintures.

Là ou je vous emmène, on annonce des turbulences.

A très vite pour la suite !

PHLDUCX