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SCIENCE ECONOMIQUE : LES APPORTS CLES DE 8 DE SES « MAITRES FONDATEURS ».

LA SCIENCE ECONOMIQUE : LES APPORTS CLES DE HUIT DE SES  » MAITRES FONDATEURS »

 

  • AVERTISSEMENT AU LECTEUR : On n’a point eu l’ambition, dans ce billet, de faire une histoire détaillée de la pensée des « maîtres fondateurs » de la science économique. Il paraîtrait nécessairement incomplet à ceux qui souhaiteraient maîtriser l’économie à travers les 8 auteurs que nous avons cru devoir retenir ici.

On a essayé seulement de rappeler quelques fragments de leur apport à la science économique et à l’économie aussi, comprise comme le champ d’expériences  contenant toutes les impuretés  de l’ignorance, de l’irrationnel et du parti pris.

En outre, nous avons cru utile de ne pas nous arrêter longtemps sur la fausse distinction entre « l’économique » et le « social », pourtant si souvent invoquée lorsque la politique économique est en cause.

On nous excusera sans doute aussi de n’avoir point voulu, à partir de Milton Friedman, analyser les oeuvres des économistes aujourd’hui vivants.

 

  • ADAM SMITH (1723-1790)

Professeur d’économie renommé, il publie en 1759 la « Théorie des sentiments moraux ». Et les « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations » (La richesse des nations) le fera passer à la postérité peu de temps après.

Considéré comme le « père de l’économie politique » , selon la formule de Jean-Baptiste Say, on lui doit :

  1. Sa réaction contre le mercantilisme.
  2. Sa  réflexion s’agissant de la confusion entre monnaie et richesse.
  3. Les notions de « division du travail », de « valeur »,  de « prix », de « salaire » et de « profit » et de « rente ».

Son message en substance : la véritable richesse n’est pas l’or, mais le produit que l’on peut consommer. La richesse provient donc de la production matérielle. Le premier moyen d’augmenter la production est de diviser le travail et le deuxième est de laisser les individus s’enrichir car, en oeuvrant pour leur intérêt personnel, ils enrichissent intentionnellement la nation tout entière :  C’est la notion de la « main invisible ».

 

  •  THOMAS ROBERT MALTHUS (1766-1834)

Rendu célèbre dès 1798 par son pamphlet intitulé  » Essai sur le principe de population en tant qu’il influe sur le progrès futur de la société avec les remarques sur les théories de M. Godwin, de M. Condorcet et d’autres auteurs ».

La loi de la population de Malthus rejette toute action sociale de l’Etat, qu’il accuse de nuire à la régulation démographique. En l’ absence d’obstacle à sa croissance, la population suit une progréssion géométrique de raison 2 tous les 25 ans, tandis que la production suit une progression arithmétique de même raison. Du coup, il peut en résulter un appauvrissement de la population et l’arrêt du développement économique.

Son message, en substance : La population croît plus vite que les ressources alimentaires, cette tendance de la population à toujours augmenter crée des exclus au  » banquet de la nature ». L’accroissement de la population est forcément limité par les moyens de subsistance et vouloir lutter contre la misère en aidant les pauvres aggrave leur situation…

 

  • DAVID RICARDO (1772-1823)

On lui doit les  » Principes de l’économie politique et de l’impôt » paru en 1817.

Et sa théorie de la répartition qui se fonde sur la « théorie de la valeur travail ». Selon Ricardo, 3 catégories sociales se partagent 3 sortes de revenus. Les salariés vendent leur travail et reçoivent en contrepartie un salaire de subsistance ( La loi d’airain). Les capitalistes reçoivent un profit correspondant à la différence entre la valeur des marchandises elle-même fonction de la quantité de travail et le montant des salaires versés. Et les propriétaires fonciers reçoivent une rente , elle-même fonction du différentiel entre le rendement de la terre et celui de la terre la moins fertile.

De cette théorie de la répartition, Ricardo décline sa loi des rendements décroissants.

Son message en substance : Le prix naturel du travail dépend du prix des subsistances et de celui des choses nécessaires ou utiles à l’entretien de l’ouvrier et de sa famille. Une hausse dans le prix de ces objets fera hausser le prix naturel du travail, lequel baissera par la baisse des prix. Le libre-échange et la spécialisation sont à privilégier. Le commerce ne peut-être source de déséquilibres durables car la balance des comptes s’équilibre de manière automatique.

 

  • KARL MARX (1818-1883)

On lui doit le  » Manifeste du parti communiste » en 1848 et le  » Capital » en 1867.

Pour Marx, une marchandise est une valeur d’usage liée à l’utilité. La valeur d’usage est qualitative, non quantitative et ne saurait servir de base à l’échange.

Marx considère que le mode de production lui-même défini par un rapport de production et par des forces productives, détermine l’ensemble des relations sociales.

L’infrastructure définit une superstructure juridique, politique, sociale et culturelle qui conditionne les hommes et détermine leur conscience.

Son message en substance : L’histoire de toute société, c’est la lutte des classes. Le capitalisme mène à la paupérisation des prolétaires et à l’aggravation de la lutte des classes, il provoque des crises de surproduction, il suscite la baisse du taux de profit.

  • LEON WALRAS ( 1834-1910)

Chantre du courant néoclassique aux cotés du britannique William Stanley Jevons et de l’autrichien Carl Menger, on doit à Léon Walras les « Eléments d’économie politique pure » ou il explique que si les conditions de la concurrence pure et parfaite sont réunies, c’est-à-dire si l’ordre naturel est respecté, l’économie se maintient automatiquement en équilibre.

Du coup, pour que les conditions de la concurrence pure et parfaite soient réunies , il convient d’avoir :

  1. Une atomicité du marché, donc une multitude d’offreurs et de demandeurs afin que personne ne puisse à lui seul impacter les prix,
  2. Une homogénéité des produits afin que la concurrence ne puisse jouer que sur les prix,
  3. Une fluidité du marché ou tout le monde puisse entrer et sortir à tout moment,
  4. Une transparence du marché afin que la concurrence puisse jouer à plein.

Son message en substance : La richesse sociale est l’ensemble des choses qui sont rares mais aussi, à la fois utiles et disponibles en quantité limitée. La détermination de la valeur d’échange nécessite le recours à l’outil mathématique. Utilitariste, il considère que toutes les actions des individus sont motivées par la recherche de leur intérêt personnel, ce dernier étant basé sur une méthode de raisonnement : Le Marginalisme.

Et sur le calcul à la marge, qui s’intéresse  à l’utilité de la dernière unité disponible d’un bien.

En outre, Walras nous explique qu’au fur et à mesure qu’augmente la quantité détenue d’un bien, chaque unité additionnelle de ce bien satisfait un besoin de plus en plus faible. En d’autres termes, l’utilité d’un bien décroit ainsi avec la quantité consommée de ce bien.

  • JOHN MAYNARD KEYNES (1883-1946)

Considéré comme le plus grand économiste du XX°siècle, il publie en 1936 son oeuvre maîtresse intitulée  » Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » ou il remet en cause les postulats des économistes classiques et place la recherche du plein-emploi au coeur de l’économie en exposant les clés techniques à mettre en oeuvre pour y parvenir.

Son message en substance : La détermination du volume de l’emploi s’effectue à partir de la demande effective. L’accroissement de la production peut engendrer des tensions inflationnistes avant que le plein-emploi ne soit atteint. Le niveau des salaires réels ne résulte pas du marché du travail mais provient du niveau de l’emploi qui lui-même résulte de la demande effective. La propension à consommer représente la part du revenu destinée à la consommation. L’efficacité marginale du capital est le rendement excompté de l’investissement qui lui-même dépend du rendement courant et des anticipations à long terme. Le taux d’intérêt résulte de la confrontation entre l’offre et la demande de monnaie.

  • FRIEDRICH von HAYEK (1899-1992)

Hayek a écrit des ouvrages de différente nature, économiques mais aussi philosophiques, psychologiques et son oeuvre est gigantesque.

Toutefois, ses ouvrages les plus connus sont  « Prix et production » et « La route de la servitude ».

Représentant de l’école de Vienne dont l’une des questions les plus étudiées est celle de la valeur, Hayek rejette la théorie des classiques selon laquelle la valeur d’un bien est égale à son coût de production ou à la quantité de travail qu’il incorpore.

Pour lui, la valeur n’est pas une caractéristique objective des biens, mais une appréciation portée sur les biens par les individus.

Son message en substance : La valeur d’un bien se mesure par l’intensité du dernier besoin satisfait. Et du coup, elle est égale à l’utilité de la dernière unité consommée.  La seule forme sociale durable et susceptible de conduire au bien-être est la société capitaliste car elle est un ordre spontané.  Puisque le marché est efficient, l’intervention de l’état est dangereuse.  La source première d’ordre social n’est pas une décision d’adopter certaines règles communes, mais l’existence au sein du peuple de certaines opinions sur ce qui est bien ou mal.

  •  MILTON FRIEDMAN (1912-2006)

Prix Nobel de sciences éconiques en 1976, l’économie pour Friedman doit être une science positive dont les résultats peuvent être confirmés ou infirmés par les faits.

Pour lui, seules sont pertinentes les théories qui permettent de faire des prévisions qui seront validées par la réalité économique.

Chef de file de l’école monétariste, Friedman s’oppose ouvertement à l’analyse keynésienne.

Il reconnait les imperfections du marché, mais comme tous les monétaristes ne croit pas que l’Etat soit efficace pour corriger ces imperfections.

Son message en substance : La monnaie est un actif comme un autre. La demande de monnaie dépend du niveau de richesse, de l’inflation anticipée et de la rentabilité des autres actifs. Plus de niveau de richesse est grand, le taux d’inflation anticipé faible et le rendement des actifs bas, plus la demande de monnaie sera forte. La stabilité des prix doit être la priorité des gouvernements. Le chômage est naturel et toute politique économique cherchant à réduire le chômage par la création de monnaie ne peut avoir d’effet sur le niveau de production et le niveau de chômage qu’à court terme. Le principe des taux de change fixes n’est pas bon car ce système oblige les autorités monétaires à détenir des réserves pour défendre la parité de leur monnaie en tant que de besoin et toute défense de parité agit sur la quantité de monnaie en circulation.

 

  • EN CONCLUSION….( NOTRE MESSAGE EN SUBSTANCE ) :

La politique économique est de jour en jour davantage le résultat d’une rencontre de forces organisées.

Les principales forces en présence ont des moyens d’action caractéristiques dont les conditions de jeu évoluent continuellement.

La science économique en constitue le ferment.

Vive l’économie !… Vive la science économique !…Et Vive l’économie Politique !…

PHLDUCX