SANDY

SANDY ET LE GRAND RETOUR DU « PRINCIPE DE PRECAUTION ».

PLUS DE DEUX ANS APRES L’EPOPEE DU VOLCAN EYJAFOLL, VOILA QUE LE PRINCIPE DE PRECAUTION FAIT REPARLER DE LUI AVEC L’ANNONCE DE SANDY A NEW-YORK.

ET SI NOUS RELISIONS ATTENTIVEMENT CE QUE NOUS ECRIVIONS A CE SUJET EN AVRIL 2010, HISTOIRE DE SE RAPPELER QU’ON NE JOUE PAS AVEC LA SECURITE ET QUE LES AMERICAINS, AVEC SANDY QUI S’INVITE NEW-YORK,  LE SAVENT A JUSTE TITRE  ?!

ET CE, A 9 JOURS DU SCRUTIN DES PRESIDENTIELLES AMERICAINES QUI OPPOSENT BARACK OBAMA ET SON CHALLENGER MITT ROMNEY AU POINT DE LEUR VOLER LA VEDETTE !

 

GOD BLESS AMERICA AND THE AMERICAN PEOPLE !

PHLDUCX

 

« L’éruption du volcan islandais Eyjafjoll avec son cortège de vols annulés, ses quelque 750.000 passagers restés bloqués à travers le
monde,  ceux obligés de reporter leur départ,  sans oublier naturellement les pertes de chiffre d’affaires de l’ordre de 190 millions d’euros par jousupportées par les compagnies aériennes,  aura remis cruellement sous le feu des
projecteurs le « principe de précaution ».

 

Et dans le même temps,  la diabolisation du risque technique dans un contexte de schizophrénie à l’égard de «  l’incertain ».

 

Il est piquant de constater que pressés par les compagnies, les états européens ont décidé cinq jours après l’éruption de rouvrir le ciel aux avions en instaurant des corridors afin de résorber la paralysie qui figeait le ciel européen et menaçait d’asphyxie financière les grandes compagnies aériennes.

Mais, au fond, que risquait-on, au plan « technique » ?

A en croire les experts, tout simplement, que les cendres du nuage islandais endommagent irrémédiablement les réacteurs de nos avions de ligne par le jeu d’un processus de vitrification des poussières volcaniques.

Et que sous certaines conditions de chaleur et de densité, ces très fines particules puissent s’agglomérer et contrarier comme
des grains de sable ou des bris de verre la mécanique des pales des réacteurs de nos jets.

Outre les moteurs, les fuselages ainsi que les pare-brises mais aussi les sondes Pitot et globalement tous les équipements
susceptibles d’être endommagés par les particules de  cendres auraient pu être exposés anormalement.

Et donc, dangereusement.

Pour autant, avec une rare inconséquence, il aura fallu on le sait, cinq jours pour organiser une visioconférence avec les ministres
des Transports.

Aussi, cessons donc de nous mentir à nous-mêmes.

 La question qui brule toutes les lèvres aujourd’hui, est de savoir si les quelque 200 millions
de dollars de manque à gagner quotidien pour l’industrie du transport aérien étaient bien nécessaires pour conjurer le spectre d’une ou de plusieurs catastrophes aériennes ?

Etait-ce bien le prix à payer, somme toute,  s’agissant de la promesse d’un recours contre les coups du destin venu du nord ?

Et pour le dire autrement, était-ce bien raisonnable de s’acquitter d’une telle facture  sans
bénéfice de discussion pour rassurer, toujours rassurer puisqu’il s’agit là désormais de l’ambition prioritaire des gouvernants, globalement tous réfugiés à l’enseigne des bons sentiments et des meilleures intentions.

Et donc du principe de précaution que d’aucuns prétendent en l’espèce s’être exercé en dehors de tout réalisme ?

La présidence espagnole de l’Union européenne n’a-t-elle pas déclaré que les ministres européens ne partageaient  pas les critiques des compagnies aériennes à la suite des restrictions de vols, soulignant que la « sécurité était primordiale » ?

A y regarder de plus près, la reprise partielle du trafic aérien s’est réalisée sous la pression des compagnies.

Qu’auraient fait les politiques sans cette insistance ?

Quoiqu’il en soit, ce malaise, ces contradictions et cette confusion des esprits entre politiques et professionnels, je le dis sans
détours, me remplissent d’inquiétude pour l’Europe et pour sa cohésion.
 

Il ne se passe pas un seul jour sans que l’Union européenne glorifie son modèle, mais avec cette « histoire » de cendres envahissantes s’insinue chez moi le sentiment que l’avenir pourrait nous échapper tant la cohésion européenne sur des sujets encore plus graves
pourrait se lézarder !

Quant au principe de précaution, il est désormais inéluctable dans nos sociétés vieillissantes et conformistes ou il est acquis que nos gouvernants veillent au bien-être, à la félicité du genre humain.

Il est donc inutile de s’en émouvoir ou de le vilipender comme s’il était encore possible d’y échapper dans une Europe communautaire ou chacun cherche à fuir ses responsabilités et à se défausser sur les autres, en se révélant incapable de faire face aux périls du monde réel.

Et puisqu’il s’agit d’épouser les modes du temps, il faut donc le provisionner en conséquence car le principe de précaution instauré en mode de gouvernance,  coute et coutera forcément cher.

La preuve irréfragable vient de nous en être donnée avec le nuage volcanique.

Ainsi va le monde ! « 

PHLDUCX

PARIS, 22 AVRIL 2010