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PRIORITE AU RENFORCEMENT DES BANQUES DE LA ZONE EURO.

Les banques européennes restent au cœur de la crise de la zone euro. Malgré les mesures prises pour les renforcer et pour mettre en place une union bancaire, la confiance dans le système bancaire de la zone euro reste fragile. Cette situation devrait perdurer jusqu’à ce que les problèmes de fond relatifs à la faible capitalisation de certains établissements aient été résolus.

La faible capitalisation des banques persiste dans nombre de pays de la zone euro malgré l’exigence communautaire qui a imposé à ces établissements d’atteindre en 2012 un ratio rapportant la composante dure des fonds propres de base (qui constituent qualitativement les meilleurs fonds propres) aux actifs pondérés des risques d’au moins 9 %, ce qui est supérieur aux exigences internationales actuelles.

Pourquoi cette nouvelle norme n’a-t-elle pas suffi à restaurer la confiance ? En partie parce qu’elle repose sur une pondération des risques liés aux actifs qui sous-estime sans doute les risques, puisque les banques utilisent pour ce calcul leurs propres modèles de risque internes et qu’elles attribuent, par exemple, une pondération de risque nulle à la dette souveraine. Or le ratio rapportant la composante dure des fonds propres de base aux actifs non pondérés des risques des banques de la zone euro est dans bien des cas bien inférieur à 5 %. Selon une récente note de l’OCDE, ce ratio est un indicateur de la bonne capitalisation des banques et il est plus exigeant que le ratio de levier financier minimum qui sera applicable à partir de 2018 dans le cadre de Bâle III.

Il sera impératif, dans les prochaines années, de prendre des mesures pour accroître la capacité des banques européennes à absorber les pertes en augmentant leurs fonds propres par rapport à leurs actifs. Si les plus grandes banques de la zone euro étaient tenues d’atteindre un ratio de 5 %, on estime qu’il leur manquerait actuellement, pour y parvenir, approximativement 400 milliards EUR de fonds propres (soit 4,25 pour cent du PIB de la zone euro). Ce problème ne se pose pas seulement pour les banques des pays « périphériques » – les besoins en fonds propres dans les grands pays de la zone euro pourraient être importants. Il serait possible de limiter les futurs besoins des banques en fonds propres en leur imposant une séparation de leurs activités commerciales et de leurs activités de marché, ce qui réduirait l’actif total du secteur bancaire.

S’acheminer vers un renforcement du système bancaire permettrait de restaurer la confiance et de rouvrir les vannes du crédit.

 

Soulignons que le dispositif actuel, internationalement admis, de Bâle III – qui exprime les exigences de fonds propres en termes d’actifs pondérés des risques d’une part et de fonds propres de base et non de composante dure des fonds propres de base d’autre part – ne prévoit pas l’application d’un ratio de levier financier de 5 %. En revanche, un ratio de levier financier de 3 % fondé sur le total de l’actif a été proposé dans ce cadre l’application, à titre de mécanisme de soutien, à compter de 2018.

 

À lire en complément :

Deleveraging, Traditional versus Capital Markets Banking and the Urgent Need to Separate and Recapitalise G-SIFI Banks | OECD Free preview | Powered by Keepeek Digital Asset Management Solution Blundell-Wignall, A. and P. Atkinson (2012), “Deleveraging, Traditional versus Capital Markets Banking and the Urgent Need to Separate and and Recapitalise GSIFI Banks”, OECD Journal: Financial Market Trends, Vol. 2012/1
Perspectives économiques de lOCDE, Volume 2012 Numéro 2 | OECD Free preview | Propulsé par Keepeek Logiciel Photothèque professionel pour entreprises et collectivités Perspectives économiques

OCDE (2012), Perspectives économiques de l’OCDE, vol. 2012/2, Éditions OCDE.
doi : 10.1787/eco_outlook-v2012-2-fr

 

 

 

 

 

 

 

 

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