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MORANESQUE PAR HELENE PILICHOWSKI.

 

Moranesque

 

Il a fait exploser l’audimat de France 2, focalisé le débat politique pendant une semaine autour des propos malencontreux de Nadine Morano sur le plateau de son émission phare « On n‘est pas couché », et il nous dit sur les ondes de RTL qu’en réalité, il en fut « malheureux ».

Pauvre Laurent Ruquier qui déploie tant d’énergie et d’artifices pour dégoter les snipers les plus redoutables capables de faire chuter sa proie, et qui se sent « coupable » après l’exécution en direct de la députée européenne par Yann Moix !

Voilà un mea culpa, voire un simple éclair de lucidité qui honore l’animateur survolté.

Car au fond ce n’est pas lui qui est responsable de la terrible polémique qui a surgi dans notre pays sur le mot « race » et l’épithète « blanche » prononcé par Nadine Morano pour qualifier nos origines.

Faut-il vivre dans un brasier pour qu’une telle maladresse fasse exploser de rage tout ce que la France compte d’apôtres de la bien-pensance !

Tous, intellectuels, professeurs, commentateurs de tous poils, politiques –jusqu’au Premier ministre-,  sont montés au créneau pour crucifier Morano.

Avec un chef de culpabilité qu’ils ont assuré  imparable : en parlant de « race blanche », l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy cherchait implicitement à réveiller le racisme qui sommeillerait au fond de nous tous, prêt à surgir devant l’affluence grandissante des migrants.

La diablesse ! Elle serait trop « sotte », trop « bête », trop « cruche »,  bref, une simple « bécasse inculte » pour ne pas avoir compris que le mot « race » était banni de notre vocabulaire, même si François Hollande n’a pas encore réussi à graver dans la loi cette promesse de campagne.

Les quolibets, et même les insultes, ont volé contre celle dont le péché fut peut-être d’avoir oublié que pour les générations actuelles, celles qui n’ont pas connu les atrocités du siècle dernier commises au nom des différences entre les races, vivre aujourd’hui avec des « blacks», comme ils aiment le dire, ou des « rebeux », ne pose aucun problème.

Non, ils n’ont pas tous la même couleur de peau, ils le voient, ils le savent, et ils s’en moquent.

Ils jouent ensemble, font du sport en se serrant les coudes comme cette équipe de foot « black, blanc, beur » qui fut championne du monde en 1998, travaillent dans les mêmes entreprises, s’aiment et font des enfants métissés.

Alors  ras-le-bol de ce tribunal de la pensée unique rempli de juges aux cheveux gris.

Et si leur crinière vieillissante nous déplaisait ?

Puissent-ils nous laisser le droit de prononcer en toute impunité la couleur des cheveux de ceux que l’on aime caresser !

Oublions la dernière gaffe moranesque, soyons plutôt romanesques, et le racisme ne passera pas…

Hélène Pilichowski