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« MEDIATOR : LOBBYING OU TRAFIC D’INFLUENCE ? » : LE POINT DE VUE DE VERONIQUE QUEFFELEC D’EUROMEDIATIONS.

MEDIATOR : LOBBYING OU  TRAFIC D’INFLUENCE ?

L’affaire Médiator conforte la confusion sans cesse réitérée entre le lobbying (l’influence) et le trafic d’influence. La guerre économique implique de nouvelles règles et comportements mais pas n’importe lesquels. Le lobbying légal et reconnu dans toutes les démocraties mérite la considération et le respect.  Le trafic d’influence relève de la sanction pénale.  

Mondiales, Européennes ou  Françaises les institutions prennent des décisions, donnent des autorisations susceptibles de remettre en cause ou de changer l’organisation même des marchés, le cadre d’activités industrielles, commerciales, professionnelles et sociales. L’environnement évolue sans cesse comme un jeu de Go, sa complexité croît. Le défi n’est plus simplement les concurrents mais les modifications législatives, réglementaires  ou d’ordre politique, social, financier, écologique.

Il convient  donc d’influencer d’amont en aval  avec efficacité et pertinence pour obtenir la norme, la décision la plus efficace dans  l’intérêt de nos mandants celui de leur entreprise. La défense de leurs intérêts est légitime et les faire les connaître devient un impératif de bonne gouvernance.

Le lobbying apparaît ainsi comme atout majeur de la guerre économique, son « arme » essentielle. Une « plaidoirie » non pas devant les tribunaux traditionnels mais devant les pouvoirs publics. Elle nécessite un argumentaire s’appuyant sur un dossier technique, économique, juridique, social, et politique. Le décideur possède ainsi tous les paramètres. Un lobbyiste respectant la déontologie inclus également  les aspects négatifs pour  lui laisser la latitude du choix.

Une action de communication à géométrie variable selon les dossiers accompagne parfois le lobbying.  A contrario le silence s’impose dans certains cas. Mais là encore il convient de ne confondre, le lobbying, la communication et le copinage souvent induit par l’endogamie dans certaines sphères de décision.  

Le lobbying est une  composante essentielle de la démocratie.

Utiliser la dénomination « lobbying » alors qu’il s’agit de trafic d’influence  révèle une ignorance coupable ou d’une volonté de nuire à ceux qui exercent cette profession avec déontologie. Car le trafic d’influence est d’une autre nature que l’influence. II s’agit d’un délit clairement défini dans plusieurs articles du code pénal et susceptible de sanctions pénales. Lorsqu’une personne physique ou morale  dépositaire de l’autorité publique, chargée d’une mission de service public ou investie d’un mandat électif public constitue un réseau d’influence. Et que des échanges quelle que soit leur nature donne lieu à des « dons », nous sommes très loin du lobbying. Sous le vocable pudique de lobbying il s’agit de trafic d’influence. Il convient dès lors avec urgence  de requalifier la réalité afin que cesse l’opprobre sans cesse jetée à notre noble profession.

 Véronique Queffélec