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Masterjet « The way it should always be »

A défaut de se montrer partout, Masterjet cultive l’art de la discrétion et de l’efficacité à l’image de son Président Philip Queffelec. Pour autant les bases de la compagnie sont scellées sur des valeurs sûres : passion, efficacité et professionnalisme. Dans le paysage de l’aviation d’affaires en Europe, Masterjet a construit un véritable petit empire qui arrive à passer sans encombre les turbulences actuelles du secteur. Décryptage et tour d’horizon d’une société à taille humaine.

Masterjet, est avant tout une histoire de passion. A sa tête Philip Queffelec, un président de compagnie né dans l’aviation avec un père aviateur qui a connu l’une des plus belles heures de l’aéronautique. Celle des grandes aventures en Afrique et les débuts de l’aventure Air Inter. Le fil du temps, a permis peu à peu à l’homme, de devenir à son tour l’un des personnages clés, dans l’aéronautique en Europe et en particulier dans le secteur de l’aviation d’affaires.

Un autodidacte accompli

Philip G. Queffelec est un homme pragmatique préférant de loin la pratique à la théorie. Son parcours atypique a fait de ce dernier un homme d’action, où le rapport humain est une donne primordiale dans l’accomplissement de tous ses projets. La création de Masterjet, officiellement en 2003, est le fruit des plusieurs « vies » qu’a vécu M. Queffelec.

Ce dernier débute professionnellement en Amérique Latine durant cinq ans, puis de retour en Europe, devient responsable nationale des ventes chez Xerox pour fonder quelques années plus tard sa propre société de financement bureautique.

Pour autant, Philip Queffelec, ne perd pas de vue le secteur de l’aéronautique et sa grande famille avec qui il renoue en rencontrant Alain Regourd. Une association nait entre les deux hommes, et plonge enfin cet autodidacte, de plain-pied dans le secteur qui l’a tant fait rêver en fondant sa société de financement aéronautique, Airinfi, destinée à financer l’achat d’appareil dans le secteur de l’aviation d’affaires: « En 18 mois nous avons réussi le pari de devenir l’un des principaux leaders en Europe dans ce secteur d’activité. » L’arrivée de la première guerre du Golfe, touche de plein fouet le secteur de l’aviation d’affaires, et, malgré une recapitalisation de la part de Philip Queffelec, la société se porte mal.

Pourtant, l’entité possède un second atout puisqu’elle est distributrice de la marque McDonnell Douglas, pour sa filiale hélicoptère, la première passion de Philip Queffelec. Les associés décident cependant d’arrêter les activités de l’entreprise. Fort de son expérience M. Queffelec part alors en Grande-Bretagne où il travaille en association avec le groupe Air Hanson Plc, pour créer Euro Aircraft Trading destiné là encore à faire du « trade » tant dans le secteur de l’aviation d’affaires que dans l’aviation commerciale, domaine dans lequel l’entreprise était le représentant de McDonnell Douglas pour l’Europe de l’ouest avant la fusion avec Boeing.

L’arrêt de l’activité aéronautique par le groupe Hanson Plc permet finalement à M. Queffelec de récupérer la filiale à 100% et de voler de ses propres ailes.

Les débuts de Masterjet

Pour Philip Queffelec, il s’agit alors d’un nouveau départ, qui va l’amener à accomplir une réussite exemplaire dans ce secteur d’activité. Dès le début, la société qui se nomme encore Euro Aircraft Trading, permet à l’investisseur d’effectuer un grand nombre de ventes d’appareils mais soulève dans le même temps, un problème majeur pour ses clients-propriétaires : comment peuvent-ils opérer leurs appareils ?

La réponse viendra, par le biais d’une amitié liée de longue date avec Olivier Dassault qui lui présente la compagnie Air Luxor. Cette dernière possède alors une base à Paris et exploite à l’époque un Excel et un Falcon 20.

Il suggère à la compagnie Portugaise de gérer pour le compte de ses clients plusieurs appareils avec la garantie de générer des revenus de charters pour ces derniers.

Il monte ainsi une filiale à 50% avec l’opérateur pour développer Air Luxor Corporate Jet qui deviendra par souci de marketing et de nom, Masterjet. En partenariat avec son fils, Philip Queffelec, va développer la société en ouvrant tour à tour après Paris et Lisbonne, les bureaux de Londres et de Genève. Ce dernier est créé afin que la compagnie puisse manager le Falcon 900EX de l’une des plus grandes sociétés horlogères Suisses. Après une redéfinition en interne de l’horloger, Philip Queffelec cède l’ensemble de l’activité à ce dernier mais conserve la structure en Suisse. Masterjet Switzerland est lancé et va progresser sur le même principe que les autres filiales.

De fait l’histoire de Masterjet découle de plusieurs entités comme l’explique son créateur : « Masterjet appartient au groupe Sparfell Aviation Technologies qui est ma holding basée à Genève. Mais Masterjet est historiquement l’association de différentes structures que j’ai créées ou reprises… » Plus concrètement le Groupe Masterjet, est devenu au fil du temps l’un des leaders européens dans les trois domaines primordiaux de l’aviation d’affaires : négoce et ventes d’avions, affrètement et exploitation d’avions, ainsi que dans le consulting, notamment auprès de grandes banques internationales.

Avec un siège social à Lisbonne, une base opérationnelle à Paris Le Bourget, Masterjet est également implantée à Genève, Londres, Jeddah, New Delhi et Malte. Pour ce dernier, P. Queffelec souligne la signature d’un accord de partenariat avec Air France Consulting pour le secteur de l’aviation d’affaires.

Avec ce partenariat, Air France souhaite bénéficier de l’expertise acquise au fil des ans non seulement par la société mais également par son président afin d’établir un audit des différentes compagnies d’affaires dans le monde entier. Cette expertise pourrait in fine, sensibiliser la compagnie nationale à envisager à son tour une entrée dans le segment de l’aviation privée à l’instar de compagnies concurrentes.

Un développement vers les pays émergents

Pour asseoir la notoriété de la compagnie pourtant discrète, son président s’est tourné très tôt vers le marché des pays émergents et dans des secteurs géographiques où la société tente à s’imposer graduellement comme l’Inde où le groupe a su s’installer de façon pérenne avec l’une des valeurs sûres du secteur de l’aéronautique dans ce pays qui compte plus d’un milliard d’habitants : « A défaut de nous y installer tout seul, nous avons souhaité créer une société avec un important professionnel de cette région, SRC Aviation. Ce dernier est le premier handler indien pour le secteur de l’aviation d’affaires et représente plus de 80% des prestations au sol fournies dans les principales villes de l’Inde… » et d’ajouter : « cette association nous permet d’avoir un AOC ce qui nous autorise non seulement à vendre des appareils mais également à les gérer et à les exploiter dans un pays où nous arrivons dans une période charnière. Dans notre cas, le marché connaît, une forte demande de la part des propriétaires afin que nous gérions leurs appareils… »

Outre la péninsule indienne, Masterjet compte également développer son activité sur des sites désertés de toute aviation d’affaires à l’instar du continent africain en y implantant dans un premier temps une base à Luanda en Angola, l’un des points centraux de l’Afrique et où ses équipes sont déjà à pied d’œuvre : « Avec notre base de Luanda nous espérons toucher un plus large spectre de clientèle issue de pays voisins et sur l’ensemble du continent africain qui n’est pas aujourd’hui exploité dans le secteur de l’aviation d’affaires. »

La compagnie qui possède une base à Jeddah en Arabie Saoudite, compte également diversifier son offre dans de nouveaux pays tels que le Brésil et la Russie avec différents projets qui à terme verront le groupe s’enrichir de nouvelles compétences :

« Nous essayons d’être créatifs et de nous adapter aux différents marchés. Notre avantage est que nous avons des petites structures souples et d’adaptation des marchés… »

De fait la compagnie se retrouve partout à travers le monde, et plus particulièrement sur les points économiques les plus attractifs et les plus sensibles du secteur.

Une compagnie aérienne en pleine expansion

Si l’année 2011 annonce les vingt deux ans de Masterjet, il s’agit plus réellement de fêter les vingt deux ans d’expertise dans le secteur de l’aviation d’affaires de son créateur. Aujourd’hui, la filiale compagnie aérienne peut compter sur une clientèle stable issue de dirigeants du CAC40 et de chefs d’entreprises qui travaillent essentiellement à l’export. En effet, ces derniers effectuent de nombreux vols long-courriers, preuve s’il en est que le marché reste encore stable pour les valeurs sûres de grandes sociétés. Philip Queffelec garde cependant la tête froide face à l’ampleur du problème économique actuel et à venir :

« Je considère cette crise comme une opportunité, car j’ai vécu avec traumatisme la période de 1991 où j’ai vécu l’arrêt soudain du secteur du financement aéronautique. Cependant, nous avons été très conservateurs dans notre gestion, nous nous sommes préservés à l’éventualité d’une telle crise en évitant de signer des contrats hasardeux… Les avions qui sont dans notre flotte aujourd’hui, restent totalement assumés financièrement par leurs propriétaires… Nous avons une flotte rationnelle mais également des propriétaires qui volent paradoxalement beaucoup même par ces temps de crise ce qui nous permet d’aborder le futur avec un peu plus de recul que certains de nos concurrents, d’autant que l’ensemble des sociétés du groupe n’a aucun endettement bancaire. »

Outre une clientèle européenne importante, Masterjet peut compter également sur un marché du Moyen-Orient et plus particulièrement Saoudien important, grâce notamment à la mise en place de la base de Jeddah.

Pour répondre à l’ensemble du marché, l’opérateur met en œuvre à l’été 2011 huit machines que l’opérateur exploite pour le compte de propriétaires, allant du CJ2, Learjet 45, à l’Airbus A320 en passant par des Falcon 900EX, Falcon 7X et Challenger 605.

Cependant, Masterjet compte agrandir la voilure de sa flotte et devrait entrer en liste prochainement un deuxième Falcon 7X, un troisième Falcon 900EX, d’un Falcon 900LX ainsi qu’un second Airbus A320 avec pour ambition de sortir en 2011 à dix appareils et fin 2012 à quinze appareils. Pour le président du groupe il s’agit « d’une taille idéale qui doit contenir trois familles d’appareils allant du light jet, à l’appareil à très large cabine ». Mais bien plus que l’évolution de la flotte, la véritable ambition de la compagnie, selon Philip Queffelec demeure avant tout « la consolidation de notre leadership sur la place du Bourget… ».

Et d’ajouter « Nous ne nous préoccupons pas de la concurrence, notre seule volonté est en définitive de devenir une sorte de standard de qualité sur le site du Bourget… et dans l’ensemble de nos filiales à travers le monde…»

Car le groupe Masterjet, joue avant tout sur la qualité de son expertise et de son professionnalisme reconnu à travers l’Europe et sur de nombreux autres continents comme en Amérique du Nord où elle a su créer un partenariat avec Leading Edge Aviation Solutions (LEAS) pour la commercialisation en Europe des stocks d’appareils de la société américaine.

Le souci du service et des prestations

La recherche de la sécurité est un enjeu de tous les instants pour Philip Queffelec qui se remémore à chaque instant, la perte d’amis issus de la grande famille de la Ligne où évoluait son aviateur de père.

De cette époque est resté ancrée une obsession de la sécurité maximale qu’il a su transmettre à l’ensemble de ses équipes : « Dans mon métier d’aujourd’hui cela me sert car je tiens à m’assurer que tout est conforme.

Cela passe évidemment par une maintenance sans faille des appareils mais également par la formation très poussée de mes équipages. » C’est en symbiose qu’évolue l’ensemble des équipes de Masterjet et notamment des équipages 100% français, où 40% des pilotes sont issus de l’ETEC (Escadron de Transport et de Calibration chargé du transport du président et du gouvernement Français) et le restant issus de la formation civile. Pour Jean-François Lecoanet, responsable des opérations à Paris et qui supervise l’ensemble des vols depuis le début de la compagnie, « il s’agit d’une bonne mixité entre rigueur militaire et appréhension de l’expertise civile… » Les hôtesses sont toutes sous la supervision directe de Ban Kirivong, l’une des meilleures professionnelles de la plateforme et qui travaille avec Philip Queffelec depuis le début de l’aventure Masterjet.

Les prestations offertes à bord tendent à être au-dessus de ce qui se pratique couramment dans les compagnies privées, en collaboration avec de grand nom de la gastronomie française tel que Lenôtre.

Un point important que le président de la société tient à souligner : « La France est à juste titre l’expression d’un certain mode de vie et de culture raffinée mais force est de constater que ce « standard français » au sein de l’aviation d’affaires n’est aujourd’hui pas à la hauteur de ce que la clientèle pourrait en attendre. Il existe certes de bons standards au sein des compagnies françaises mais insuffisants aux regards de ce que font certaines compagnies étrangères. Nous avons donc misé énormément sur ce secteur avec un véritable service à la hauteur de ce que peuvent en attendre les clients. »

Masterjet compte ainsi sur une équipe de 80 personnes à travers le monde, reliées et motivées par un seul credo, celui de la passion au service de l’aéronautique.

Masterjet face à l’avenir

Si tous les appareils de la flotte, sont marqués du drapeau européen, il s’agit avant tout pour M. Queffelec d’un signe d’une conviction forte pour l’Europe des nations : « Je me sens de culture celte et bretonne mais surtout européenne.

La notion de pays doit pour moi être dépassée, car aujourd’hui, l’Europe reste la seule réponse forte et économiquement viable face à l’émergence de nouveaux pays et à de grands continents comme l’Asie ou l’Amérique… »

De cette conviction, Philip Queffelec, pourrait en sortir prochainement un projet à l’échelle européenne.

Pour autant, le groupe concède un grand nombre de projets et une plus grande diversification dans le secteur aéronautique. Masterjet, est devenu en début d’année partenaire officiel de Fokker Services pour la commercialisation des produits MRO (maintenance) et « completion » (aménagements intérieurs) : « C’est pour nous une nouvelle activité. Fokker fait ainsi toute la « lourde ingénierie » et le département technique de notre compagnie aérienne doit au final être filialisé pour créer Masterjet Engineering.

Cette filiale aura pour but d’attirer de nouveaux marchés pour le suivi de chantier de modifications et d’aménagement sur des appareils de type ACJ/BBJ ou autre. » Ce dernier secteur, Philip Queffelec en a fait son pari, et a souhaité développer en parallèle de son partenariat avec Fokker un concept totalement nouveau en compagnie du joaillier Patrick Mauboussin : une nouvelle entité dédiée au monde du design intérieur et extérieur et lancée en début d’année avec la marque Patrick Mauboussin Aircraft Design (PMAD) : www.patrickmauboussin.com

Si la première réalisation de peinture sur l’Airbus A320 Corporate de Masterjet, « Nile Spirit », reste une véritable réussite, les deux associés comptent déjà sur d’autres modèles à réaliser en gardant la philosophie du créateur : « Flying is an art ». Avec cet appareil, en cours d’aménagement chez Fokker dans une configuration 26 places, Masterjet tourne une nouvelle page de son histoire.

Une histoire d’Hommes et de passions à l’image de son président et de ses équipes.