sceaux

Les secrets du chateau de Sceaux.

C’est au XV ° siècle que le domaine de Sceaux apparait dans l’histoire. De Jehan de Bréban, la seigneurie de Sceaux passe en 1440 aux mains de Jean Paillard, conseiller au Parlement de PARIS puis à celles de Pierre Baillet, maitre des requêtes et celles de son fils Jean, trésorier du Dauphin Charles, Régent de France, futur Charles V.

Déjà, le roi Louis XI venait y déjeuner en 1470. Aux Baillet succédèrent les Potier, ducs de Gesvres dont les tombeaux sont aujourd’hui au château de Versailles.

Louis Potier, conseiller du roi fit construire le premier château de Sceaux. En 1606, Antoine Potier, son fils, secrétaire d’état fit ériger la terre en châtellenie.

Puis, la terre devint baronnie en 1624 avec René Potier, duc de Tresmes. En 1670, le domaine est vendu à Colbert, Contrôleur général des Finances, vice-protecteur de l’Académie depuis 1661, surintendant des Bâtiments depuis 1664, secrétaire d’Etat à la Maison du Roi et à la Marine.

A une heure de carrosse de Versailles, Colbert nanti d’une importante fortune grâce aux largesses de Mazarin puis de Louis XIV, fit agrandir le domaine. Il appela en 1673 Le Nostre mais aussi Perrault, Le Brun, Girardon, Coysevox, Tuby, tous les grands noms de l’époque pour l’embellir.

Dans l’aile nord, des appartements étaient réservés au comte de Vermandois et à Melle de Blois, enfants de Louis XIV et de Melle de La Vallière, dont l’éducation avait été confiée aux Colbert. Madame de Montespan venait y visiter souvent Mme Colbert.

Colbert mourut à Paris, le 6 septembre 1683, laissant à son fils ainé, le marquis de Seignelay, le château de Sceaux et une immense fortune.

Le 20 décembre 1699, le domaine fut vendu au duc du Maine, l’ainé des enfants survivants et au demeurant illégitimes de Louis XIV et de Madame de Montespan. Le duc du Maine épousa le 19 mars 1692 en la chapelle royale de Versailles, Louise-Bénédicte de Bourbon-Condé descendante de saint Louis et arrière-nièce de Richelieu.

Les époux s’installèrent au château de Sceaux. L’on sait que Louis XIV s’arrêtait souvent à Sceaux à l’aller ou au retour de Fontainebleau. De nombreux spectacles y étaient donnés. Ils furent interrompus à la mort de Louis XIV, le 1er septembre 1715.Voltaire en 1749, avait aussi ses habitudes à Sceaux une fois rentré en grâce.

En 1773, la fortune des Maine passa aux Orléans. Le 14 septembre 1773, le comte d’Eu vendit tous ses biens à Louis XV y compris Sceaux. Dès lors, Sceaux devint domaine royal. Louis XVI le céda pour sa part, le 28 aout 1775 au duc de Penthièvre, l’une des nobles figures du XVIII ° siècle avec ses annexes de Chatenay-Malabry, de Bourg-la-Reine, du Plessis Robinson et de Fontenay-aux-Roses.

La belle-fille de Penthièvre, la princesse de Lamballe, y établit Florian qui sera la dernière gloire littéraire de Sceaux sous l’ancien régime. Le 5 mai 1794, la Convention décrétait que Sceaux et bien d’autres maisons et jardins des environs ne seraient pas vendus pour être conservés et entretenus aux frais de la République afin de « servir aux jouissances du peuple et former des établissements utiles à l’Agriculture et aux Arts ».

Un décret de la Convention installa à Sceaux une école d’Agriculture. En 1798, le Directoire mis Sceaux en vente. Il fut attribué à un négociant nommé Lecomte, ancien élève des oratoriens de Juilly. Renonçant à faire restaurer le château que dix ans de négligence avaient laissé fort délabré, il le fit raser.

Il fut racheté ensuite par un groupe de scéens qui formèrent la Société des Eaux. Puis en 1825, c’est le gendre de Lecomte, Napoléon, marquis de Trévise, fils du maréchal Mortier qui grâce à la fortune de son beau-père et à la dotation accordée par le roi Louis-Philippe, rendra au domaine son état premier pendant tout le Second Empire.

Entre 1820 et 1860, le « Bal de Sceaux » grâce à BALZAC connait sa grande époque. En 1834, le parc fut replanté et les bâtiments restaurés par Davioud.

De 1856 à 1858, le château fut reconstruit par l’architecte Lesoufaché dans le faux style Louis XIII affectionné par l’époque. Puis, le château fut racheté en 1869 par le marquis Hippolyte de Trévise.

A la mort du marquis de Trévise, en 1892, le domaine resta à sa veuve. Tout comme en 1870 la guerre de 1914 amena des ravages avec l’occupation des armées. La marquise mourut en 1923.Sceaux fut vendu au Département de la Seine le 11 juillet 1923.Le classement du parc de Sceaux intervint en 1958.

Et en 1965, par le Département des Hauts- de-Seine. Le château abrite depuis de cette époque le musée de l’Ile-de-France. Qu’il nous soit permis ici de rendre un hommage appuyé aux Amis du Musée de l’Ile de France et à Monsieur Georges POISSON pour l’ensemble de son œuvre et plus particulièrement pour son ouvrage « Histoire et histoires de Sceaux » publié le 30 octobre 1981 aux Presses Artistiques dont s’inspire avantageusement ce billet.

Il ne saurait être question ici de poser la plume sans encourager tous nos lecteurs et lectrices à visiter le parc de Sceaux et son magnifique château qui font la fierté des habitants des Hauts-de-Seine et le bonheur des parisiens qui aiment s’y promener en toute saison !

PHLDUCX