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LE ZOOM DE CONVERSATIONPRIVEE / OFF-THE-RECORDMESSAGING SUR LE 16EME FORUM ECONOMIQUE INTERNATIONAL SUR L’AFRIQUE.

Selon un message de Mario Pezzini, Directeur du Centre de développement de l’OCDE, 12 pays en développement dans les années 1990 affichaient un taux de croissance  deux fois supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE.

Entre 2000 et 2010, ils étaient 83.

La part des pays non membres de l’OCDE dans la production économique mondiale a dépassé celle des pays de l’OCDE en 2010.

A eux seuls, ces chiffres témoignent de l’ampleur du basculement de la richesse qui s’est produit.

L’édition 2016 des Perspectives économiques en Afrique analyse les progrès du continent sur le plan économique et social et en matière de gouvernance, et souligne les perspectives encourageantes à court terme.

Le 16 ème Forum économique international sur l’Afrique qui  s’est tenu aujourd’hui, le 29 septembre à PARIS a été l’occasion de jeter un coup de projecteur sur les villes durables et la transformation structurelle des différentes trajectoires d’urbanisation et de montrer comment elles affectent la ré – allocation progressive des ressources vers des activités plus productives.

Avec Akossi Noêl Bendjo, Maire, Commune abidjanaise du Plateau, Côte d’Ivoire.

Il ressort du forum d’aujourd’hui que l’urbanisation est un moteur de transformation pour l’Afrique.

En 20 ans, la population urbaine a été presque multipliée par deux en Afrique, passant de 237 millions en 1995 à 472  millions en 2015.

Au milieu de la décennie 2030, plus de la moitié des 1,7 milliard d’Africains vivront dans les villes, contre environ 40% aujourd’hui.

D’ici 2025, les mégalopoles de plus de 10 millions d’habitants verront leur part de la population urbaine augmenter, tandis que les villes de 1 à 5 millions d’habitants représenteront plus de 30% de cette population.

 

Avec Gilbert Houngbo, Directeur général adjoint pour les opérations sur le terrain et les partenariats, Organisation Internationale du Travail.

L’urbanisation se produira néanmoins essentiellement dans les villes de moins d’un million d’habitants qui concentreront plus de 55% de la population urbaine totale.

A cet égard, le clivage traditionnel entre zones rurales et zones urbaines est en train de s’estomper puisque près des trois-quarts des africains vivent dans des zones semi-rurales / semi-urbaines.

Pendant des décennies, l’urbanisation a été considérée par de nombreux experts du développement come nuisible au développement des pays.

C’est pourquoi, l’exode rural devait être contenu dans la mesure du possible.

Avec Son Excellence, Bassirou Sene, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République du Sénégal en France.

Dans de nombreux pays, les infrastructures et les services urbains n’ont donc pas suivi le rythme de la croissance urbaine : le manque d’intérêt des secteurs public et privé dans l’amélioration des infrastructures urbaines et le peu d’investissement dans ces infrastructures était notable; les stratégies urbaines inadaptées étaient davantage la règle que l’exception.

Par un heureux changement de cap, l’urbanisation est de plus en plus acceptée comme un fait inévitable de l’évolution des sociétés, qui peut de surcroit contribuer positivement à un développement durable.

A ce jour, environ un tiers des pays africains ont adopté une stratégie nationale d’urbanisation.

Une approche positive de l’urbanisation doit néanmoins prendre en compte les besoins quotidiens des populations et initier un dialogue avec tous les citoyens qui y vivent ou y travaillent.

Face à une urbanisation continue et à l’augmentation des revenus, les marchés nationaux et régionaux deviennent le principal moteur de la croissance économique.

Aussi, 3 sujets cardinaux doivent focaliser l’attention des politiques locales :

1. L’urbanisation qui va forcément continuer doit s’accompagner d’une planification appropriée et de réformes de gouvernance qui favorisent la déconcentration et la décentralisation.

2. L’industrialisation doit accompagner l’urbanisation.

3. L’urbanisation étant le moteur d’un changement dans les zones rurales en périphérie des villes, il convient de faire des villes secondaires des moteurs de changement également.

Dernier point, l’urbanisation de l’Afrique favorisera la transformation structurelle du continent à condition qu’elle s’accompagne de la création d’emplois productifs et de biens publics. Et que si elle s’accompagne de politiques territoriales intégrées qui favorisent l’essor de la productivité et des métiers agricoles, de l’industrialisation, des services pour une classe moyenne en expansion, et des investissements directs étrangers ( IDE ).

Il faut donc réfléchir sur comment financer l’urbanisation de l’Afrique et comment mobiliser les instruments existants et le soutien de la communauté internationale pour mettre en oeuvre une approche globale de financement des centres urbains.

Et du coup, sur la question de savoir comment créer un environnement propice pour attirer les investissements directs étrangers.

 

 Avec Mario Pezzini, Directeur, Centre de Développement de l’OCDE; Directeur pour la Coopération au développement de l’OCDE.