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LA CHRONIQUE D’HELENE : BOUILLONNEMENTS PAR HELENE PILICHOWSKI.

 

Bouillonnements.

« Caniculesque » notre presse depuis qu’une vague de chaleur presque inédite s’est abattue la semaine dernière sur nos contrées aux thermomètres d’ordinaires mieux traités !

Que l’on ouvre sa télévision, son bon vieux poste de radio, son news ou son quotidien préféré, nos suées ont disputé toute la semaine dernière à la crise grecque les titres racoleurs.

Examiné par tous les bouts de la lorgnette, le sujet a fait défiler sur les plateaux nombre des spécialistes du climat nous prédisant bien pire pour les années à venir, des écologistes de tout poil fustigeant  l’irresponsabilité des sociétés industrialisées qui étouffent la planète sous une couche d’ozone, des médecins hautement gradés nous expliquant comment préserver notre organisme de la dangerosité d’une telle température et préserver nos bambins de la déconfiture…

On en passe sans oublier les conseils des dames  Soleil qui tartinent les pages glacées des luxueux magazines de recommandations permettant de sublimer les rayons de Phoebus sur notre peau.

Résultat, les urgences des hôpitaux ont été une fois de plus engorgées, de manière légitime  par des personnes isolées, souvent  âgées, en détresse, mais aussi par tous les inquiets en bonne santé sensibles à la foultitude d’alarmes qu’ils entendent forcément sonner.

Mais que diable ?  Comment font les d’habitants de notre terre qui vivent si nombreux –en Afrique notamment- dans une fournaise ?

« C’est simple », se consolent les enfants gâtés des pays tempérés.

« Ils sont habitués » et puis eux « ils travaillent peu»  …. Et des touristes nonchalants d’étayer leurs assertions en assurant qu’ils voient, non loin de leur Sheraton ou de leur luxueux  lodge de safari,  les gens se reposer « toute la journée sur le devant de leur porte », comme s’ils n’avaient pas grand-chose à faire.

Alors bien sûr on sait depuis que Montesquieu a importé en France au 18ème la théorie des climats formalisée par le géographe d’Alexandrie Claude Ptolémée vers 150, que les peuples des pays chauds s’avèrent moins productifs que ceux des pays froids.

Faut-il pour autant conclure à l’instar de l’auteur de « L’Esprit des Lois » que « leurs inclinations sont toutes passives et la paresse leur bonheur » ?

Profiter de leurs carences pour justifier un temps l’esclavage  et aujourd’hui la supériorité de notre niveau de vie ?

Soyons plus éclairés sur ce point que le philosophe des Lumières et regardons ce que nous devenons quand la chaleur nous accable !

De pauvres petits sujets fragiles cajolés par notre système de protection sociale, des marionnettes managées à chaque instant par la horde de medias à l’affût de notre bien-être, des salariés dont on change les horaires pour leur éviter tout effort à haute température, bref des semi-loques qui pourraient prendre loin de leurs cieux radieux des leçons de courage et d’inventivité.

Et se rappeler que l’héritage mathématique des Grecs fut puissamment accru par les Arabes et qu’aujourd’hui peu de nos bambins seraient capables de parcourir des centaines de kilomètres à pied sous une chaleur torride pour tenter de trouver un brin de liberté.

Hélène Pilichowski