PATRIMOINE MONDIAL UNESCO

FASHION NIGHT COUTURE SUR UN SITE INSCRIT AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO.

L’association Millenium Concept a organisé quatre défilés de maisons de couture artisanales lors de la Fashion Night Couture en juillet dernier sur les remparts de la citadelle construite par Vauban à Saint-Martin de Ré, site inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Comment cet évènement s’inscrit-il dans les buts de votre association ?

L’Association Millenium Concept a été créée par Philippe Noël, un résident amoureux de l’Ile de Ré et de son exceptionnel patrimoine culturel. Comme souvent, ce sont les souvenirs d’enfance qui furent le moteur principal de ce projet. Les animateurs de Millenium Concept partagent non seulement la volonté de préservation du patrimoine architectural, mais aussi celle de la défense des savoir-faire artisanaux, dont la couture est l’un des plus beaux fleurons. Ils se souviennent de l’époque où les femmes trouvaient le reflet de leur personnalité dans l’exclusivité et l’élégance de leurs tenues vestimentaires.  

Cette vision idéalisée n’appartient-elle pas à un passé révolu ?           

Il est évident que notre monde est aujourd’hui de plus en plus largement uniformisé et nous considérons pour notre part ce fait comme une impasse culturelle majeure, contre laquelle il s’agit de lutter sans relâche. Nous sommes convaincus que notre niveau de civilisation ne s’améliore que grâce aux initiatives individuelles, qui permettent à leurs auteurs de progresser et de réagir ainsi contre la volonté omniprésente d’uniformisation. Laquelle repose essentiellement sur le concept de maximisation des profits financiers et cela au détriment de l’intérêt général et du bien-être individuel.

Comment vous situez-vous par rapport aux défilés de la haute couture parisienne ?

La haute couture existe certes, mais nous constatons également qu’elle est très largement devenue une vitrine promotionnelle destinée avant tout à promouvoir l’image des grands groupes de l’industrie du luxe, afin de leur permettre de mieux vendre leurs produits dérivés. En passant, il faudrait se demander si le luxe peut vraiment être industriel ? De toute façon, la haute couture ne répond plus à ce souci d’exclusivité, partagé par de nombreuses femmes, pas plus que le prêt-à-porter ne peut y répondre avec ses tailles et ses modèles standardisées, que l’on retrouve partout sur la planète. De surcroît, les défilés parisiens ne sont pas accessibles au public, car ils sont désormais essentiellement réservés à la presse spécialisée et à quelques VIP.

Revenons à votre évènement de juillet dernier, comment pensez-vous qu’il puisse répondre à votre désir de promotion de l’initiative individuelle ?      

Nous avons voulu permettre au plus grand nombre d’assister gratuitement et librement à des défilés de mode, présentés par des maisons de couture à la fois soucieuses de créativité, mais aussi de la préservation des savoir-faire artisanaux, afin de contribuer à convaincre les femmes que l’uniformité de l’habit n’est pas incontournable.

Que le fait de pouvoir choisir des tenues sur mesure, réalisées selon leur fantaisie et leurs rêves est toujours d’actualité, sans être nécessairement hors de prix. 

Nous espérons ainsi contribuer d’une part à stimuler le nombre des maisons de couture et leur créativité, mais aussi à convaincre leur clientèle potentielle à s’affranchir des modèles et tailles imposées par le prêt-à-porter.

Derrière ces maisons de couture, il y a également leurs fournisseurs : tisseurs, brodeurs, passementiers, modistes, tout un tissu artisanal de grande qualité qui pourrait être largement revivifié, si les femmes voulaient bien retrouver leur propre vision de leur personnalité et donc le chemin de leur couturier, plutôt que celui des enseignes du prêt-à-porter.

Voila donc les motivations profondes de notre initiative. Il faut souligner que le financement de cette opération a entièrement été réalisé grâce à des fonds privés, donateurs ou partenaires qui ont partagé notre rêve.

De là à réaliser ces défilés dans un lieu représentatif de notre patrimoine, il n’y avait plus qu’un pas à franchir. Nous l’avons fait, cela n’a pas été simple, mais nous sommes fiers de notre réussite et de pouvoir contribuer ainsi à la propagation de l’idée que là où il y a une volonté, il y a aussi un chemin.

Quel a été le succès de cette première édition ?

Environ 1’500 personnes sont venues assister entre 22h30 et minuit aux défilés de nos quatre couturiers. Ils sont restés debout durant 1h30 et sont repartis, dans leur très grande majorité, très heureux de cette première expérience. Nous sommes donc extrêmement satisfaits de ce premier résultat. Les quatre maisons de couture présentes : Catherine Lassègue, Najib Alioua, Sandrine Belloti et Oliver Swan Couture ont parfaitement joué le jeu et ont contribué à ce premier succès. 

Quels sont vos projets ?                                   

Nous avons prévu une nouvelle édition le 18 janvier 2012 à La Rochelle, avec les célèbres tours du port en toile de fond. Peut-on rêver meilleur symbole de résistance ? En dehors de ce clin d’œil, nous souhaiterions pouvoir accueillir plus de spectateurs et également plus de couturiers, sous forme de défilés et/ou d’exposition de leurs créations. Nos objectifs de promotion de la défense des savoir-faire artisanaux et du patrimoine architectural seraient ainsi atteints. Par la même occasion, nous souhaiterions également contribuer à une œuvre de lutte contre le VIH, autre thème qui nous avons à cœur de soutenir, en organisant un dîner de gala après les défilés. Tout cela est en train de se mettre en place et nous pourrons vous en dire plus dans quelques semaines.

Pour l’été 2012, nous avons encore d’autres projets, plus diversifiés au niveau géographique, mais ils se préciseront en fonction des résultats obtenus en janvier prochain.

 Source : Gonzague de Montferrand – Presse Millenium Concept – pour WWW.CONVERSATIONPRIVEE.COM ET WWW.OFF-THE-RECORDMESSAGING.COM

 

http://milleniumconcept.fr