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DOIT – ON DOUTER DU RETOUR A LA CROISSANCE DURABLE ET DE LA REDUCTION DES INEGALITES ?

La conception optimiste des cycles économiques globalement autorégulés  entend imposer l’idée que le retour à une croissance forte est une cause entendue.

Ainsi sous l’effet d’un rattrapage de la consommation  et de l’investissement contenus en période de récession, le cercle vertueux de la
croissance reprendrait systématiquement ses droits quand bien même celle-ci pourrait être plus laborieuse.

Stimuler la croissance durable et créer des emplois de qualité tout en réduisant les inégalités, voilà résumée ici la feuille de route des gouvernements de l’OCDE confrontés à l’urgence de l’emploi.

D’aucuns affirment  toutefois que la croissance ne serait plus susceptible de résorber  le chômage de masse tant il apparait que la politique de réduction des effectifs au sein des grandes entreprises fait  désormais partie intégrante de leur mode de gestion même lorsque la croissance reprend le dessus ?.

D’autres  experts prétendent  que l’avenir des sociétés avancées est plus que jamais conditionné par l’idée d’une redéfinition du partage et de l’utilisation des richesses.

L’OCDE, de son côté déclare lors de ses réunions ministérielles  qu’il est prouvé qu’en période de conjoncture défavorable, certaines réformes du marché du travail en particulier les régimes d’indemnités de chômage et la protection de l’emploi peuvent aggraver temporairement la situation économique.

Nous venons de traverser à l’évidence trois années de crise et tout indique que le chemin de la reprise reste semé d’embûches même si différents signaux laissent entrevoir un léger frémissement.

La vérité c’est que le chômage mondial dépasse aujourd’hui les 200 millions.

Et tout le monde s’accorde à penser que les tensions ont commencé à peser fortement sur les pays de la communauté européenne lorsque les marchés financiers ont  commencé à s’inquiéter de la dette publique de grands pays de la zone euro  en marge de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal.

Les estimations  de l’OIT évoquent la nécessité de créer plus de 20 millions d’emplois par an d’ici 2015 pour retrouver les taux d’emploi  d’avant la crise.

On est donc fondé à s’interroger sur cette sortie de crise qui tarde à se consolider et sur ses modalités techniques, d’où certaines interrogations lancinantes.

La première étant de savoir si l’économie de marché est  en mesure de résorber le  niveau de chômage actuel et de le ramener au niveau antérieur à la crise avant que l’on puisse s’autoriser à parler sérieusement  de « reprise » ?

Et ce, alors que certains pays d’Europe  s’enfoncent sous nos yeux dans la récession et que la zone Euro reste la menace  majeure pour l’économie mondiale ?

La seconde  tout aussi cardinale est de savoir si l’économie de marché porte en elle les ressorts pour réduire les inégalités qui au sein de la zone OCDE sont à leur plus haut niveau depuis un demi-siècle ?

En effet, comment les décideurs politiques pourraient-ils s’exonérer de prendre en compte dans le débat public les inégalités croissantes de revenus dans la plupart des pays de l’OCDE ainsi que dans de nombreuses économies émergentes ?

A  cet égard, comment ignorer les mouvements de contestation tels qu’Occupy Wall Street, la marche pour l’emploi ou les Indignés
qui ont si bien exprimé avec l’amertume et la colère de millions de citoyens révoltés par les rémunérations stratosphériques des dirigeants des grands groupes côtés en bourse et la distribution dans des banques encore soutenues par l’Etat de boni indécents versés  aux opérateurs de la finance de marché, elle-même  responsable d’un bien grand nombre de nos malheurs?

Dans l’actualité du monde qui nous tend un miroir,  deux évènements nous obligent à sortir de notre torpeur.

D’abord, l’objectif croissance et équité  qui doit servir de ligne d’action aux pouvoirs publics.

Ensuite, la réduction des écarts de revenus qui se creusent et qui passe forcément  par une réforme de la fiscalité et des
régimes sociaux afin de mieux répartir les revenus tout en stimulant la croissance.

En ce qui nous concerne, nous avons la conviction chevillée au corps que pour gagner la partie tout doit être mis en œuvre  pour que
d’une part, l’investissement soit favorisé dans les infrastructures à l’échelle européenne.

L’idée d’un grand emprunt obligataire à l’échelle de la zone Euro, obligatoirement  souscrit par tous et chacun à l’abri de la
garantie de la Banque Centrale Européenne et exclusivement dédié au financement de grands projets d’infrastructure
créateurs d’emplois et de richesse,  nous paraît opportune et souhaitable !

D’autre part, l’idée de la création d’une taxe sur les transactions financières pour éliminer les
opérations ultra-spéculatives  liées à la finance de marché, telle envisagée par l’OCDE en vue de libérer de nouvelles sources de financement affectées à la consolidation budgétaire, nous semble de bon augure !

Enfin, pour relancer la croissance,  stimuler l’innovation, abattre le mur de la dette et le syndrome de la défaite économique, il nous faut  adopter d’urgence des mesures coordonnées pour inciter les fonds d’investissement souverains et privés  à prendre le relai des banques commerciales globalement  en mal de liquidités.

Et  désormais toutes  globalement sanctionnées par les agences de notation.

En revanche, tout indique que les fonds « Private Equity » et « Venture Capital » ont un rôle essentiel à jouer dans le processus de relance économique à l’échelle de l’Europe en tant que source de financement alternative.

Déjà, plus de 20.000 entreprises auraient reçu des apports de leur part.

Et 25.000 entreprises, majoritairement des PME,  seraient désormais détenues par des fonds  soit l’équivalent de 9000.000 d’emplois salariés.

Il convient dans le même temps d’ encourager la tenue de symposiums tel celui du WORLD INVESTMENT CONFERENCE EUROPE  de La BAULE  qui vient de se tenir en juin sur la relance durable : Une manifestation qui réunissait sous la présidence de Clara Gaymard, Vice Présidente, GE International et Président Directeur Général de GE France, de nombreux dirigeants de grandes entreprises internationales telles SIEMENS, VEOLIA, TECHNIP, des représentants d’institutions bancaires ou de fonds d’investissement de renommée internationale telles la BEI , RIVERSIDE EUROPE Partners, PAI, l’Association européenne du capital investissement et du capital risque (ECVA), L’Agence française pour les investissements internationaux (AFII),  La DATAR (
Délégation Interministérielle à l’Aménagement du Territoire et à l’Attractivité Régionale )  et décideurs politiques pour débattre des moyens de stimulerl’attractivité et la compétitivité européenne afin de renouer avec la croissance.

On l’aura compris, l’économie a changé.

Et les faits se sont vengés cruellement.

Pour renouer avec la croissance, justement, il convient de repenser ses fondamentaux comme l’innovation : La croissance et la compétitivité de l’Europe passent par la redéfinition des structures permettant de dégagées des flux de liquidités excédentaires destinées à s’investir dans des projets innovants et rentables.

Pour renouer avec la croissance, il est plus que jamais impératif de placer l’Europe au cœur de la
chaîne de valeur.
A cet égard, l’on doit légitimement s’inquiéter du fait que la France vient de  passer de la 2ème à la 3ème place en matière d’implantations internationales en Europe. Et que selon les conclusions de la 11 ème édition du Baromètre Ernst & Young de
l’attractivité du site France 2012 présentées à la World Conference à La Baule (20-22 juin), la France est désormais devancée par l’Allemagne, derrière le Royaume-Uni.

Selon les mêmes sources, le territoire français aurait attiré 540 nouveaux projets seulement soit une baisse de 4% par rapport à 2010 alors que son voisin allemand en aurait compté 597 soit une progression de 7% par rapport à 2010, des chiffres qui marquent bien l’avantage concurrentiel pris par l’Allemagne.

Et qui attestent que la France pour revenir en pôle position du classement,  doit d’abord, stabiliser et adapter son cadre administratif, législatif et financier aux besoins des grandes entreprises tout en  offrant aux PME un environnement qui les autorise à croître à l’international  plus aisément, et ensuite, combler d’urgence son déficit d’image auprès des investisseurs des puissances émergentes.

Au final, il faut désormais « penser structurel » et « penser social » comme  l’a dit si justement Angel GURRIA, Secrétaire général de l’OCDE lors du Forum OCDE de mai dernier, s’il on veut enclencher une dynamique de relance et de progrès !

Pour le dire autrement, Cela veut signifie, plus d’intégration fiscale et plus de réformes structurelles. Et surtout aussi, d’avantage d’initiatives du type de celle actuellement en phase de pilotage  à la BEI relatives à  l’émission d’emprunts obligataires affectés à des projets d’infrastructure créateurs de richesse et d’emplois.

Une initiative lancée avec le concours de la Commission Européenn et  qui en vitesse de croisière pourrait représenter la contrevaleur de plusieurs dizaines de milliards d’euros.

A bon entendeur !…

PHLDUCX

Le 23 juin 2012.

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