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BILLET D’HUMEUR, D’HUMOUR & D’AMOUR : LE PRINTEMPS DES SEXYGENAIRES… PAR HELENE PILICHOWSKI.

 

Le printemps des sexygénaires…

On les sait menteurs ces politiques qui se réjouisssent en chœur de l’allongement de la durée de vie dans notre pays.

Se fondant sur nos sachants, sans cesse en effervescence, ils nous rappellent qu’à l’aube de la soixantaine, les femmes ont encore un quart de siècle devant elles, et la gent masculine, un tantinet plus fragile, près de deux décennies.

Mais que promettent-ils à la population concernée derrière ces chiffres faussement flatteurs ?

De maigres retraites menacées par les déficits croissants des organismes payeurs ?

Des visites incessantes à leurs multiples médecins pour prévenir les maux dûs à l’âge.

Des régimes sévères et autres exercices d’entretien pour faire mieux que la moyenne en termes de forme et de longévité ?

Des voyages en troupeaux panurgiques à bas prix sous de tristes tropiques ?

Nos dirigeants, sachants et soignants oublient seulement que l’avènement de la vieillesse est une souffrance quand avec elle s’éloigne le désir.

Car s’ils font la joie de leurs aïeux, enfants et petits-enfants ne réveillent pas en eux les élans amoureux qui sont le sel de la vie et les seuls garants d’une jeunesse prolongée.

Il suffit de se promener devant les terrasses des bistrots parisiens et d’observer les regards des sexygénaires aux cheveux blancs  s’éclairer devant le passage de jolies jambes, et leurs conscrites aux cheveux teints se délecter entre elles du charme de ce « has been » fraîchement veuf et ô combien présentable, pour comprendre que le soleil de juin réveille dans les deux sexes l’envie de plaire.

Dame libido est très active chez les vieux intellos assis sous les tentures du Flore et les retraités du business toujours aux aguets d’une belle silhouette au café du  « Troca ».

Qui en douterait encore doit savoir que le bonheur n’est pas dans les records de longévité mais dans la capacité de chacun de se sentir vibrer à chaque printemps par l’envie d’échanger les frissons que l’on croyait à jamais remisés.

Inutile de prescrire des milliards de recettes pour conjurer des ans l’irréparable ennui, un simple rendez-vous volé à des semaines routinières demeurera à jamais le meilleur élixir de jouvence des sexygénaires.

Hélène Pilikowski